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Investissements

CRÉDIT, PRÊT ET INVESTISSEMENT : LES FRÈRES ENNEMIS ?

Photo by Maarten van den Heuvel on Unsplash/ Crédit, prêt et investissement, des pièces sur un échiquier

Si vous avez lu les articles précédents, vous devez maintenant être certain que crédit, prêt et investissement ne sont pas fait pour cohabiter. Les deux premiers ne feront que vous appauvrir. Quand au troisième, il permettra de développer son patrimoine et sa fortune. Parfois pourtant utiliser crédit, prêt et investissement permet de voir ses revenus se démultiplier. Comment ? En utilisant l’effet de levier, bien sur !

CRÉDIT, PRÊT ET INVESTISSEMENT DES TERMES OPPOSÉS ?

Ces trois mots : crédit, prêt et investissement, ne vous semblent-ils pas contradictoires ? Si c’est le cas, c’est tout à fait normal. En fait, dans le sens commun, ils ne sont pas fait pour aller ensemble. D’ailleurs si vous avez lu mon article sur « les mots qui font peur » vous savez maintenant que les deux premiers sont synonymes d’appauvrissement alors que le troisième va de paire avec enrichissement. Pourtant, il existe des cas ou crédit, prêt et investissement s’accordent parfaitement et permettent même de s’enrichir. Ils permettent de produire des revenus passifs et d’augmenter son patrimoine. Dans un premier temps nous verrons en quoi les trois termes s’opposent ainsi que l’origine de cette opposition. Dans un second temps je vous expliquerai en quoi le crédit peut-être un investissement. Enfin, je vous donnerai un moyen simple pour différencier mauvais crédit et vrai investissement. Vous êtes prêt ? C’est parti.

Rappel : Crédit, prêt et investissement, qu’est-ce que c’est ?

Le crédit et le prêt

Comme pour la plupart des définitions, il faut savoir distinguer le cadre strict ou légal du terme, de son utilisation dans la vie courante. Et ceci est valable, bien évidemment, pour les termes de crédit, prêt et investissement.

Dans l’article sur « les mots qui font peur » j’avais donné la définition suivante du prêt : 

Prêt : « Le prêt est la transmission juridique de l’usage et de la possession d’une chose ou d’un objet à une personne sans exigence d’un paiement, tout en gardant la propriété de ce qui est prêté. »

Et j’avais montré que nous l’utilisons donc au sens de crédit :

Crédit : « Le crédit est une somme d’argent (le capital) qui est mise à disposition d’un emprunteur (le débiteur) par un prêteur (le créancier) pour un temps donné. A l’échéance, la somme prêtée doit être remboursée auprès du créancier avec, en plus, le paiement d’une rémunération supplémentaire (les intérêts). »

Par simplicité, dans cette article les termes de prêt et de crédit seront donc utilisés comme synonymes de « crédit ».

L’investissement

Sans entrer dans des détails trop techniques et en se plaçant du point de vue des ménages, l’investissement est une dépense d’argent dans un projet comportant un certain risque dans le but d’accroitre ses revenus futurs.

Dans ce cadre, un placement financier en Bourse est un investissement. De même que l’achat d’un appartement ou d’une maison dans le but d’une location ou d’une revente (qui se fera plus chère que le prix d’achat bien sur). « Investir » est donc l’action qui va être faites pour réaliser un investissement. Ainsi, si vous achetez un appartement dans le but de le louer, l’achat sera l’action que vous faites (Investir donc) et l’appartement sera le placement réalisé (l’investissement).

Si j’ai pris ici l’exemple de l’immobilier c’est volontairement. En effet, il est le plus parlant pour comprendre le problème qui se pose dans le système même de l’investissement. Il présente également la dichotomie qui se crée, du point de vue du langage entre crédit, prêt et investissement.

Un exemple parlant

Imaginons que vous vouliez acheter un appartement dans le but d’en retirer des loyers et ainsi d’augmenter vos revenus. Ce bien coûte 150 000 €. Vous comptez le louer pour environ 800 € par mois (ces chiffres sont pris totalement au hasard). Deux problèmes se posent alors :

  • Celui des fonds de départ (la somme à réunir pour l’achat du bien).
  • Le temps nécessaire pour que l’investissement rapporte de l’argent en plus.

Si vous mettez – admettons – 500 € de côté par mois pour l’achat de ce bien, il vous faudra 25 ans pour obtenir la somme nécessaire ! Pire, il vous faudra encore 15 ans de plus pour que ce bien immobilier vous rapporte plus que ce que vous avez dépensé pour l’obtenir. En effet, ces quinze années supplémentaires ne serviront qu’à utiliser les loyers pour égaler la somme dont vous avez eu besoin pour l’achat du bien !

Mais alors Investir c’est impossible ?

Effectivement, avec cet exemple il est facile de comprendre la difficulté qu’il y aurait à faire ce type d’investissement. On voit également le problème à faire en sorte qu’il rapporte vraiment de l’argent ! La solution pour contourner cet obstacle majeur est d’avoir un apport externe de fonds pour effectuer l’achat du bien. Vous l’avez compris, cet argent ne peut provenir que d’une chose : un emprunt.

Et là vous allez me dire « mais sur 1,2,3… Richesse, il y a des tas d’articles qui expliquent en quoi un crédit est mauvais ! Et aussi en quoi un prêt nous appauvrit ». Vous avez tout à fait raison. En fait, c’est simplement que le problème entre crédit, prêt et investissement est avant tout une affaire de langage !

Crédit, prêt et investissement. De l'argent, de l'immobilier et un réveil !
Crédit, prêt et investissement, des résultats qui se font sur le long terme.

Les formes du crédit, un problème de langage ?

En fait si nous considérons que les systèmes de crédit, prêt et investissement sont contradictoires c’est parce que, dans ce que nous appelons « crédit », nous mélangeons pelle-mêle des formes d’emprunts complètement différentes. Or chacun des types de prêt que les particuliers (vous, moi, le voisin de palier..) peuvent faire auront chacun des objectifs différents. Ils auront également un impact différent sur l’évolution du patrimoine financier.

Ainsi, il est évident qu’un crédit à la consommation ne va pas donner les mêmes résultats qu’un emprunt immobilier. De la même façon, un prêt épargne logement n’impactera pas de la même façon votre budget, qu’un crédit-bail. De ce fait, parce que nous utilisons très mal le système du crédit, ce dernier a plutôt tendance à nous appauvrir. Effectivement, la plupart du temps nous l’employons pour acheter des biens qui :

– d’une part vont nous coûter plus cher que leur prix de départ ;

– d’autre part ne nous rapporterons rien lorsque nous les aurons remboursés.

Maintenant imaginons l’achat d’un bien, quel qu’il soit, qui nous permettrait de gagner de l’argent une fois que nous l’aurions acquis. Ce bien coûtant une somme importante il faudrait alors le payer dans un premier temps à crédit. Mais les sommes qu’il nous rapporterait nous permettrait de rembourser le crédit ET de faire un bénéfice… Par cette simple formulation crédit, prêt et investissement viennent d’être rassemblés.

De manière générale, le crédit appauvrit. Mais bien utilisé le prêt peut permettre de gagner de l’argent et se transforme ainsi en investissement.

Le crédit : un formidable outil d’investissement

Oui, bien employé le système du prêt peut devenir un formidable outil d’investissement. Il peut ainsi permettre d’augmenter son patrimoine, sa fortune, sa richesse financière ou ses revenus. Comment ? Par un mécanisme bien connu des investisseurs : l’effet de levier.

L’effet de levier

Le principe de l’effet de levier est assez simple. Il s’agit d’emprunter une somme d’argent afin d’obtenir un bien. Ce bien vous permettra de gagner plus d’argent que le coût de votre emprunt. Les résultats de l’effet de levier peuvent, eux-même, être immédiats ou différés en fonction du bien que vous achetez et de l’objectif que vous vous êtes fixés.

Reprenons notre exemple d’un achat d’appartement de 150 000 € pour une location à 800 € par mois (un investissement locatif donc) . En utilisant l’effet de levier, il serait possible de faire un crédit immobilier de 105 000 €, avec un apport de 45 000 € (30 % du montant. Imaginons que sur les 800 € de loyer 400 soient alloués aux différents frais ainsi qu’au remboursement de crédit. iI vous faudrait alors seulement 9 ans avant d’égaler l’apport de départ.

Nota bene : Les spécialistes de l’immobilier vont surement me dire que j’ai oublié des tas de facteurs (les impôts, les frais annexes mais également l’augmentation du loyer, l’augmentation de la valeur du bien, etc.). Oui, c’est vrai ! Mais cette exemple, même imparfait, n’est là que pour faire comprendre le mécanisme de l’effet de levier.

L’effet de levier permet ainsi d’acquérir un bien dont on ne possède pas la somme. Une grande partie du coût sera supporté, au départ, par celui qui prête l’argent. Ce que le bien va rapporter va permettre, à la fois de rembourser le crédit mais aussi de gagner une somme d’argent supplémentaire.

Comment l’utiliser ?

Évidemment, l’investissement immobilier est le domaine où l’effet de levier est le plus employé (d’où mon exemple d’ailleurs). A ce propos, il est à noter que l’intérêt de ce type d’investissement est d’acheter un bien grâce à l’argent des autres et dans tirer un bénéfice immédiat. En effet, l’achat (et le crédit qui le permet) est remboursé par les loyers versés par des locataires. Le mieux étant que ceux-ci soient supérieurs au montant des mensualités à rembourser (ainsi que des frais annexes) afin d’avoir une rentabilité immédiate.

Mais le système est applicable dans bien d’autres domaines. Il peut être utilisé pour l’achat de n’importe quel équipement permettant de développer une activité. Par exemple l’achat d’un véhicule par le système du crédit pourrait devenir un investissement… À partir du moment où il permettrait de développer sa clientèle. De la même façon, un emprunt pour faire des études ou suivre une formation, sont aussi de possibles investissements à partir du moment où ils s’inscrivent dans des projets permettant une rentabilité future.Si vous désirez en savoir plus : effet de levier.

Statue d'un homme pliant une barre. Crédit, prêt et investissement, l'effet de levier.
L’effet de levier, le lien entre crédit, prêt et investissement.

Donc crédit, prêt et investissement peuvent aller de paire en fonction de chaque situation où ils sont utilisés. Il ne faut cependant pas oublier le risque possible pour chaque cas de figure. Après tout un bien immobilier peut ne pas être loué. Vous pouvez aussi rater vos études ou acheter une véhicule à crédit mais ne pas avoir de clients supplémentaires.

Mais, vous l’avez compris, l’utilisation d’un crédit dans le but de réaliser un investissement dépend avant tout du rapport entre ce qu’il coûte et ce qu’il permet de gagner à plus ou moins long terme. Ce rapport se calcule en amont. Il dépend donc de l’analyse de la situation dans lequel on va l’utiliser. Mais justement, comment savoir si l’on réalise un vrai investissement ou si on fait, en réalité, un mauvais crédit ?

Mauvais crédit ou vrai investissement : les deux critères.

Premier critère

Comme nous l’avons vu, le premier critère permettant, dans le cadre des crédits, prêts et investissements, de savoir où situer sa démarche est l’objectif au cœur de l’achat. Ainsi, si je vous parle d’acheter un téléviseur HD de dernière génération à crédit, vous me dites quoi ? Investissement ou mauvais emprunt ? Vous avez compris, tout va dépendre du pourquoi on réalise cet achat. Si c’est juste pour pouvoir regarder la télévision le soir après le boulot, c’est clairement un mauvais crédit. Par contre si votre travail consiste, en majeure partie, à faire du montage vidéo, là nous serions dans de l’investissement.

De façon simple, si l’achat est fait dans le cadre de votre activité ou du développement de celle-ci, il y a de fortes chances pour que ce soit un réel investissement.

Second critère

Cependant, il est toujours possible de se mentir ou parfois deux choses peuvent être mêlées. Une autre méthode simple consiste, donc à se demander si l’achat par le biais d’un prêt permettra, à plus ou moins long terme, d’avoir un gain supérieur au cout de ce qui est acheté. Si la réponse est « oui », alors il s’agit bien d’un investissement. La notion de « plus ou moins long terme » est importante car un investissement peut s’avérer rentable seulement sur le long terme. Par exemple, un prêt permettant de suivre une formation sera un investissement sur le long terme. En effet, logiquement cette formation devrait permettre, à celui qui la suit, d’avoir accès à une carrière professionnelle plus rémunératrice.

En d’autres termes si un achat par le biais d’un crédit ne rentre pas dans le développement d’une activité rentable ou s’il ne permet pas de, potentiellement, permettre de gagner – à plus ou moins long terme – de l’argent, alors il s’agit d’un mauvais crédit.

In Fine

Crédit, prêt et investissement ne sont donc pas incompatibles… Pour peu que l’on sache différencier les raisons pour lesquelles on fait appel à eux. Un prêt peut donc être utilisé dans le but de faire un investissement. C’est-à-dire permettre d’acquérir un bien dont la rentabilité permettra à la fois de rembourser le crédit mais aussi de gagner de l’argent. Et c’est bien la question du gain réalisé grâce au crédit effectué qui permet, au final, de séparer un mauvais crédit d’un vrai investissement.

Et vous, si vous avez des crédits, avec ce système vous les classeriez comment ?

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