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ÊTRE PAUVRE ÇA COÛTE CHER !

Être pauvre ça coûte cher. Un ticket de caisse et des boîte de conserve autour.

Qui pourrait croire qu’être pauvre ça coûte cher ? Pour le sens commun être « pauvre », être en extrême difficulté financière ou même avoir un petit revenu, c’est appartenir à une catégorie où le coût de la vie est logiquement très bas. Rien n’est moins vrai. De nombreuses études montrent que justement les classes sociales les plus pauvres ont des coûts beaucoup plus importants dans la majorité des secteurs de dépenses. Vie quotidienne, équipement, transport, logement, voici pourquoi, de nos jours, être pauvre ça coûte cher !

POURQUOI ÊTRE PAUVRE CA COÛTE CHER ?

Savez-vous qu’en France plus on est pauvre et plus on dépense d’argent pour acheter des cigarettes ?

Ou encore que les hommes pauvres meurent 13 ans plus tôt que les riches?

Savez-vous, aussi, qu’en Europe les plus riches habitent Londres et les plus pauvres au bord du Danube?

Même si elles peuvent paraître étonnantes, dès que l’on y réfléchit ces statistiques sont loin d’être contre intuitive. En effet, on peut imaginer que ne pas avoir d’argent rend plus anxieux. Certains vont donc essayer de calmer cette anxiété par la cigarette. Il peut aussi sembler logique que les plus pauvres meurent avant les plus riches du fait d’une vie plus difficile… ou par défaut d’accès à des soins médicaux de qualité. De même le lieux d’habitation va varier en fonction des montants de loyer. Bref, toutes ces statistiques sont la conséquence du fait d’être pauvre ou d’avoir des problèmes financiers.

Mais si la pauvreté produisait elle-même la pauvreté  ? Et si, parce que vous avez des faibles revenus tout ce que vous consommez ou achetez vous était vendu plus cher ? Ce serait vraiment étrange, non ? Et bien c’est justement le constat fait par plusieurs études sur les coûts de la pauvreté. En d’autres termes, comme nous allons le voir : être pauvre ça coûte cher !

Être pauvre c’est quoi ?

D’abord une définition…

Définir la pauvreté est relativement simple. Selon Wikipedia,la pauvreté est la situation d’une ou de plusieurs personnes (un groupe) mais aussi d’une société n’ayant pas les ressources suffisantes pour obtenir les besoins fondamentaux nécessaires à leur développement.

Il est à noter que ces « besoins » ne se limitent plus à la base de la pyramide de Maslow (nourriture, eau potable, vêtements et logement). En effet, on considère aujourd’hui qu’avec le développement de la technologie, l’accès à des ressources en énergie (comme électricité) ou la communication, font partie de ces besoins de bases.

… avant d’entrer dans les détails.

Chaque année, l’INSEE publie des statistiques sur le taux de pauvreté en France.

Selon ces données, en 2015 et en France, un individu est considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels après impôts et prestations sociales sont inférieurs soit à 846 euros (Seuil dit à 50 % du niveau de vie médian) soit à 1 015 euros (seuil dit à 60 % du niveau de vie médian).

Mais le vrai problème reste de connaître les véritables causes de la pauvreté… et là ça devient plus compliqué. Même s’il ne rentre pas dans les cadre de cet article de les expliquer, sachez que, pour autant, il ne s’agit pas d’un phénomène simplement lié aux revenus. Attardons nous plutôt sur un fait plus étonnant : lorsqu’on est pauvre tout coûte plus cher !

Mais pourquoi être pauvre ça coûte cher ?

Et en disant que tout coûte plus cher, il ne s’agit qu’un individu avec un faible revenu, aura « l’impression » que le coût de la vie est plus élevé. En réalité c’est vraiment le cas : la plupart des biens de consommations courantes vont coûter plus cher.

Toutes ces choses qui coûtent plus cher lorsqu’on est pauvre

« L’effet papier-toilette »

Avez-vous déjà entendu parlé de « l’effet papier-toilette » ? Non ? Et bien sachez que ce concept est le résultat d’une étude ; très sérieuse, réalisée par un groupe de chercheurs de l’université du Michigan. Ces derniers ont suivi pendant près de 7 ans la consommation de papier toilette de 100 000 américains. Ils ont ainsi découvert que les hauts revenus achètent en moyenne plus de papier toilette et en plus grande quantité que les bas revenus. Mais paradoxalement, les plus bas revenus paient, en moyenne, leur papier toilette 6 % plus cher !

Pourquoi ? L’une des raisons est que les plus riches habitent des surfaces habitables plus grandes et ont des budgets de consommation plus élevés. Ils peuvent donc stocker plus facilement les produits qu’ils achètent. De ce fait, ils profitent ainsi des promotions sur les grandes quantités. Ils paient, alors, leur papier toilette moins cher que les plus pauvres.

Les biens de consommation courante

Vous l’avez compris, ce phénomène s’applique à la majorité des biens de consommation courante. Les plus bas salaires, pour cause de budget serré, achèteront moins « en gros » et se rabattront sur des quantités plus petites mais coutant au final plus cher….

Multiplier donc la différence de prix de tous les produits achetable en grande quantité puis observez le résultat sur 10, 15, 20 ans ou plus, et vous constaterez alors que les sommes sont loin d’être anodines.

Les assurances

Une étude datant de 2012 de l’hebdomadaire AutoPlus (relayé par La Tribune) a démontré que la plupart des compagnies d’assurances auto font payer plus cher leur service aux chômeurs ! En effet, certaines surprimes vont jusqu’à 33 % plus cher. Pour quelle justification ? En vrac, on trouve « l’éventualité du non paiement de la prime du fait de l’absence d’emploi » ou encore l’utilisation plus fréquente de la voiture pour cause de « temps libre » (Oui, oui, sérieusement !!!) ce qui augmenterait les risques d’accident !

Il serait intéressant de réaliser le même type d’étude sur les autres domaines couverts par l’assurance. Il est fort à parier que l’on trouverait les mêmes résultats. Une bonne raison pour comparer les prix avant de signer un contrat d’assurance.

Les Banques

Avec les Banques, là aussi la note est plus salée.

Évidemment on pense immédiatement aux crédits et notamment aux dangers des crédits à la consommation. Ceux-ci grévent sensiblement tout budget et peuvent même vous faire basculer dans le surendettement.

Ensuite, il y a aussi les risques plus important d’être en découvert bancaire et de payer des « agios ». Mais avant tout cela il y a un fait indéniable :, les Banques font payer plus cher le fait d’avoir un faible revenu !

Oui, être pauvre ça coûte cher en frais bancaire. Et notamment par l’impossibilité d’accéder à des banques sans frais. Ainsi, il est possible de bénéficier d’une carte bancaire gratuite, dans la plupart des banques en ligne et donc économiser sur ces frais coûteux. Mais pour cela, il faut pouvoir justifier d’un certains montant de revenu (1 200 à 4 000 € minimum). Autrement dit, si vous êtes pauvre, vous ne pourrez pas devenir client de ces établissements. Les bas revenus devront donc payer plus cher pour l’accès à une simple carte bleue ! Le paradoxe est alors évident : pour pouvoir diminuer ses frais de banque, il faut d’abord gagner plus !

Les coûts d’équipement

Après les dépenses courantes, attaquons-nous à des dépenses moins régulières mais tout aussi importante : les coûts d’équipements.

Là aussi un certains nombre de surcoûts vont s’ajouter. Prenons le cas de l’électroménager par exemple. Le principe est simple : avec un budget serré les faibles salaires vont acheter des équipements bas de gamme. Et qui dit bas de gamme dit aussi plus grande consommation d’énergie et durée de vie beaucoup plus courte. D’où un taux de remplacement plus important que la moyenne. En d’autre termes en faisant des économies, on finit par avoir un coût total d’équipement plus important.

Et c’est sans parler de l’impasse sur une éventuelle extension de garantie, le coût du possible crédit pour remplacer – en urgence – le frigo qui vient de claquer… bref être pauvre ça coûte cher sur les biens d’équipements.

Le transport

Les transports en commun

Même si la France n’est pas si mal lotis en matière de transport, les tarifs restent relativement chers. Mais plus que le prix d’un billet, c’est parfois la difficulté d’obtention d’une carte d’abonnement qui pose problème. Conclusion : beaucoup de possibles usagers finissent par renoncer à les demander.

De plus, la plupart de ces cartes étant payantes, les personnes n’effectuant pas des trajets réguliers (par exemple pour aller travailler) ne peuvent les rentabiliser. Les plus pauvres vont donc payer des surcoûts conséquents sur des trajets ponctuels.

Et la future privatisation des transports en commun (comme la SNCF) ne va faire qu’empirer les choses. En transformant un service national et public en marchés soumis à des guerres commerciales avec des logiques de captations de profit, il est clair que cette transformation se fera au mépris des intérêts des usagers eux-même.

La France est ainsi en train de réaliser la même erreur que le Royaume-Uni il y a quelques années. Depuis les tarifs des transports ont explosés ! Ceux-ci ayant été augmenté par 3 ou 4. Les Britanniques sont aujourd’hui obligés de dépenser en moyenne 15 % de leur revenu dans les transports !

Pourtant, il aurait suffit de faire le parallèle avec ce qui s’est passé avec la privatisation des autoroutes pour comprendre que ce n’est certainement pas la bonne solution.

Le véhicule personnel

Là encore être pauvre ça coûte cher lorsqu’on possède un véhicule personnel. Pour les salaires les plus bas, ce véhicule est le plus souvent acheté d’occasion, souvent bas de gamme et ayant en moyenne plus de 11 ans (contre une moyenne de 8 ans pour l’ensemble de la population). Résultat : ces véhicules tombent plus souvent en panne et entraînent des réparations coûteuses. Si l’on additionne au prix d’achat le total des réparations, ils coûtent parfois presque plus cher que s’il avait été acheté neuf !

Pour anecdote, une de mes connaissances a acheté, il y a trois ans, un véhicule d’occasion à 2 500 €. Durant ce laps de temps la voiture a eu plus de 5 pannes, la dernière en date lui ayant coûté 1 000 € de réparations. Coût total du véhicule depuis son achat : 6 000 € !!! Vous me direz : « mais pourquoi a t-il continué à réparer sa voiture plutôt que d’en acheter une autre ? ». La réponse est évidente. Ayant un revenu très bas, il n’arrive donc pas à mettre suffisamment de coté pour racheter un véhicule. Comme ce dernier lui est indispensable pour travailler, il se retrouve donc dans un cercle vicieux où pour continuer à travailler, il doit effectuer les réparations du véhicule qui lui permette d’aller travailler. Une situation de fou de laquelle il est difficile de sortir !

Le coût du logement

En matière de logement, là aussi être pauvre ça coûte cher. Comme le montre la chaîne Youtube « Stupid Economics » dans sa vidéo « Le coût de la pauvreté », le prix du m² varie fortement en fonction des revenus. Et pas en faveur des moins riches, au contraire. En effet, que se soit à la location ou à la vente, plus il y a de surface et plus le coût du m² diminue.

Mais évidemment, plus votre revenu est faible et plus vous aurez tendance à privilégier les loyers les plus bas, donc les petites surfaces… qui vous coûtent donc plus cher au m².

Si ces questions vous intéresse, je vous invite à aller lire cet article de Jean Cavailhès sur « Le prix des attributs du logement ». C’est un peu complexe pour un non économiste mais très enrichissant.

Être pauvre ça coûte cher : le fond du problème

Les quelques exemples donnés ici ne sont qu’un aperçu du postulat de base : être pauvre ça coûte cher car tous les biens de consommation vont, au final avoir un coût plus important.

Mais, lorsqu’on y regarde de plus près, on se rend très vite compte que le problème de fond n’est pas celui d’une forme «d’intelligence d’achat » . En d’autres termes, les personnes avec un faible revenu ne sont pas plus dépensières que les autres. Par contre leur situation fait qu’elle ne peuvent pas profiter, comme les autres, des opportunités de contrôle des dépenses.

En fait, le problème se situe alors sur la trésorerie que l’on possède. Sans moyen et avec un budget réduit il est normal de se rabattre sur des produits bas de gamme parce qu’on a pas la possibilité d’acheter « mieux ». Il est tout aussi normal d’essayer de réduire le montant de sa facture à la caisse d’un supermarché en achetant de moins grosse quantité. Dans un cas on le « paiera » plus tard par des coûts de réparations successifs ou par des taux de renouvellements plus élevés. Dans l’autre, on paie moins cher sur le moment mais pour un prix de revient plus important.

Au final

Il est évident que les éléments décrits ici ne sont pas les seuls raisons à une situation de pauvreté. En effet, la pauvreté est un phénomène bien plus complexe qui ne peut pas être résumé au fait de « ne pas avoir d’argent ». Mais des coût moyens de dépenses sont un des facteurs aggravant de cette situation.

Nous avons vu que le problème du lien unissant pauvreté et sur-coût vient également du budget utilisable ou, si vous préférez, du fond de roulement). Alors si être pauvre ça coûte cher, il est indispensable d’adapter son mode de vie pour augmenter son budget utilisable. Ensuite, il sera toujours bon de travailler à augmenter son niveau de revenu.

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